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Masturbation féminine

  • Photo du rédacteur: Uschi Waldherr
    Uschi Waldherr
  • il y a 14 minutes
  • 3 min de lecture

Résultats d'une étude récente


La chercheuse Sanja Alessia Zündorf a consacré son mémoire de master à une question passionnante :

Quel est l’impact des normes patriarcales sur la masturbation féminine et l’usage des sextoys ?

Elle a lancé une enquête en ligne à laquelle ont d’abord répondu environ 800 femmes — elles sont aujourd’hui plus de 4000. Les questions étaient ouvertes et portaient surtout sur les sensations : «Comment te masturbes-tu ? Comment t’éveilles-tu ? Qu’est-ce qui te fait du bien ?» Plusieurs résultats surprenants ont émergé.


Le « pillow humping » : une femme sur six le pratique

De nombreuses participantes ont décrit le fait de frotter ou chevaucher un oreiller ( pillow humping ). Environ une femme sur six l’a déjà fait — mais beaucoup croyaient être les seules. L’oreiller était, juste après le pommeau de douche, l’objet du quotidien le plus souvent utilisé pour se donner du plaisir.

Pourtant, cette pratique était fortement associée à la honte : « Je suis perverse », « Je me sens complètement seule avec ça », « Je pensais que personne d’autre ne faisait ça ».

Ces phrases sont revenues très souvent dans les réponses libres, alors même que cette option n’était pas proposée dans le questionnaire.


L’industrie du sextoy demande rarement ce que les femmes font réellement

Un autre constat important concerne l’industrie du sextoy : les objets destinés aux femmes semblent avoir été conçus sans vraiment interroger leurs pratiques réelles ni leurs besoins.

L’imaginaire dominant, fortement influencé par la pop culture et la pornographie, montre des femmes allongées sur le dos, dans un lit, l’air « érotique », gémissant et utilisant de gros dildos.

Cela renforce l’idée d’une sexualité féminine passive, comme si le plaisir dépendait forcément d’un pénis (réel ou en silicone).

Tout ce qui s’en éloigne — comme frotter un oreiller — devient honteux ou perçu comme infantile. « J’essaie de temps en temps de me masturber avec pénétration, comme si ça devait absolument me plaire », écrivent certaines.

Pourtant, l’étude montre que la majorité des femmes n’utilisent ni dildos ni vibrateurs pour une pénétration. Elles se masturbent surtout : avec la main plate en exerçant une pression, avec les doigts, en frottant un oreiller, ou — plus rarement — contre un coin de table.


Side-effet surprendant : apprendre ses propres mouvements

Face à ces résultats, Zündorf a conçu une selle / un coussin ergonomique rempli de matière granulée, qui ne glisse pas, offre une résistance réelle et permet une pression plus précise qu’un oreiller.

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Avec cette invention, elle a remporté le prix de design de Cologne en 2023.


Une phase de test a ensuite permis de recueillir de nombreux récits très positifs.

Ce sextoy a aidé les femmes à découvrir leurs propres mouvements, ceux qui leur procurent réellement du plaisir. Plutôt que de déléguer la stimulation à la vibration d’un appareil, elles deviennent actrices de leur plaisir.

Comme l’explique une participante :

« Ma sexualité de couple a changé. Je sais maintenant comment bouger, comment utiliser ma hanche, mon bassin, mes jambes. Je peux me conduire moi-même jusqu’à l’orgasme — et du coup, je peux le faire aussi avec mon partenaire. »


Womanizer et Satisfyer : une révolution silencieuse

L’arrivée et le succès du Womanizer (2012) et du Satisfyer (issu à l’origine… d’une pompe d’aquarium !) ont également joué un rôle important : ces deux toys ont rendu visible et normalisé le fait que la majorité des femmes jouissent sans pénétration.

Ils ont permis d’intégrer dans le quotidien l’idée que la stimulation externe est une manière tout à fait naturelle — et majoritaire — de vivre le plaisir.

 

Uschi Waldherr


Gestalt- & Sexothérapeute & Thérapeute de Couple


m 06 32 80 02 31


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