La psy que je suis
- Uschi Waldherr
- 21 mai
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 mai
Réponse à la question : Comment tu arrives à faire ce metier ?
Ces derniers jours, deux personnes m’ont posé la même question :
“Mais comment tu fais ? Écouter toutes ces histoires tristes, toute cette souffrance — comment tu fais pour ne pas plonger toi-même ?”
Ces questions m’ont permis de mettre des mots très clairs sur ce qui me mène, ce qui me fascine profondément dans ce travail. Déjà, je ne plonge pas, je nage, je flotte, je surfe avec.
Ce qui me stimule, c’est la résilience humaine. Comment des personnes ayant traversé des blessures d’enfance, des violences, de la soumission, un isolement profond — ou à l’inverse une toute-puissance qui s’effondre dès qu’elles franchissent la porte de la maison — comment ces personnes-là trouvent malgré tout un chemin. Une stratégie de survie. Un but. Une façon de vivre malgré tout.
Ce qui me captive aussi, c’est la façon dont chacun apprend à être avec l’autre. En fusion, à distance, dans la méfiance ou dans l’abandon de soi… Il existe une infinité de façons d’habiter le lien, et cette créativité humaine me touche profondément.
Mon rôle là-dedans ? J’espère que les questions que je pose rendent conscient ce qui s’est passé. Qu’elles mettent un outil dans la main :
Comment j’ai appris à réagir aux évènments ?
Qu’est-ce que je pourrais oser faire différemment ?
Parfois ça aide. Parfois un peu moins ou pas du tout. Mais je suis là, dans la curiosité et l’intérêt sincère d’accompagner ce que chaque personne souhaite changer.
Car voilà ce que je crois : nous naissons inachevés — prématurément. Et c’est précisément cela qui nous a permis de survivre et d’être encore là aujourd’hui - l'être humain, le gangant de l'evolution. Pour grandir, c'est s’adapter, intégrer notre environnement, créer notre identité à partir de ce que nous avons vécu dans l’enfance. Ces configurations, ces traits qui nous définissent — ils n’étaient pas des erreurs.
Ils étaient des réponses intelligentes à ce que nous avions à traverser.
C’est pourquoi je valorise profondément ces traits, plutôt que de les combattre. L’enjeu n’est pas de les effacer, mais de les rendre conscients — pour pouvoir les manier en adulte, à la façon qui nous permet d’avancer vers la personne que l’on souhaite être. La thérapie, c’est cet espace pour oser faire différemment :
expérimenter, vivre et intégrer la nouveauté, plus alignée avec la vie qu’on souhaite vivre.
Et puis il y a un mystère qui me reste entier, et que je ne prétends pas résoudre. En chacun de nous, même dans les biographies les plus marquées par la violence ou la négation, il y a une petite voix qui dit non, ce n’est pas possible que ce soit tout. Quelque chose en nous dit, fait signe, frappe à notre conscience qui sait, qui espère, qui pousse vers un mieux. Un higher self, on pourrait dire. D’autres l’appellent l'univers, Dieu, l’élan vital, l’âme. Peu importe le nom — cette partie-là existe, et elle résiste, elle aide à aller vers l'inconnu, vers le mieux.
Uschi Waldherr
Gestalt- & Sexothérapeute & Thérapeute de Couple
m 06 32 80 02 31


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